Multi-projets : ce que coordonner 15 chantiers en parallèle m'a appris sur la priorisation
Coordonner un projet impose de la rigueur. En coordonner quinze en même temps impose une économie de l'attention, sinon tout devient urgent, et rien n'est prioritaire.
La règle qui change tout : prioriser entre projets, pas seulement dans un projet
La plupart des méthodes de priorisation (MoSCoW, RICE...) s'appliquent à l'intérieur d'un projet. À l'échelle d'un portefeuille, la vraie question est différente : quel projet mérite mon attention cette semaine, et lequel peut tourner en autonomie ?
Trois critères pour trancher
- Le niveau de risque non traité (pas le niveau d'avancement)
- La maturité de l'équipe en place : une équipe rodée a besoin de moins de présence
- Le coût d'un silence : certains projets se dégradent vite sans arbitrage, d'autres non
Ce que ça implique en pratique
Je ne répartis pas mon temps à parts égales entre les 15 projets. Je le répartis selon le risque réel, ce qui veut dire que certains chantiers ne me voient presque jamais, et d'autres beaucoup plus que leur taille ne le justifierait en apparence.
Pourquoi l'équité du temps est une fausse bonne idée
La tentation naturelle, face à 15 chantiers, est de leur donner un temps égal pour paraître équitable. C'est précisément l'erreur : un chantier mené par une équipe expérimentée sur un périmètre stable n'a besoin de presque aucune attention, tandis qu'un chantier avec une équipe junior, un périmètre mouvant et un sponsor exigeant peut absorber à lui seul un tiers du temps disponible sans que ce soit anormal. Répartir le temps à parts égales revient à sous-investir massivement sur les chantiers à risque et à sur-investir sur ceux qui n'en ont pas besoin.
La vraie compétence, à l'échelle d'un portefeuille, n'est pas de tout suivre un peu, c'est de savoir identifier très tôt quels chantiers basculeront de «autonomes» à «critiques» avant que le signal ne devienne évident pour tout le monde.
La priorisation à l'échelle d'un portefeuille n'est pas une version agrandie de la priorisation d'un projet. C'est un exercice différent, qui demande d'accepter de négliger sciemment certains chantiers, temporairement.
C'est cette priorisation par le risque que je pratique dans mon activité de Delivery Manager, sur des portefeuilles de plusieurs projets en parallèle.
Pour aller plus loin : Jira ne pilote pas un projet, il l'archive
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À propos de l'auteur
Delivery Manager à Rennes. Je pilote des projets de transformation digitale, SEO/GEO et accessibilité RGAA pour des clients grands comptes. Ce blog est le reflet de ce que je rencontre sur le terrain.