Morgan Dutemple
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RGAA

Ce que le RGAA doit à l'accessibilité, et ce qu'il ne couvre pas

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Photo par Tim Mossholder sur Unsplash
Morgan Dutemple
·Delivery Manager & Expert Transformation Digitale

Être conforme RGAA et être réellement accessible pour tous les usagers ne sont pas strictement la même chose, et confondre les deux mène à des audits réussis sur des services encore difficiles à utiliser.

Ce que le RGAA garantit

Un référentiel de critères techniques vérifiables, qui couvre une large part des obstacles rencontrés par les usagers de technologies d'assistance. C'est une base solide et un cadre légal nécessaire.

Ce qu'il ne couvre pas toujours

  • La complexité cognitive d'un parcours, même techniquement conforme
  • L'expérience réelle d'usage avec des technologies d'assistance variées, au-delà des tests standards
  • Les usages mobiles ou les contextes d'usage dégradés (connexion faible, luminosité, fatigue)

La bonne posture

Traiter la conformité RGAA comme un plancher, pas comme un plafond. Les tests utilisateurs avec de vrais usagers de technologies d'assistance révèlent souvent des frictions qu'aucun audit de conformité ne détecte.

Pourquoi l'audit automatisé seul ne suffit jamais

Cette limite n'est pas une opinion, elle est documentée dans la méthode même du référentiel : les outils automatisés ne peuvent pas évaluer correctement l'ordre de lecture, la pertinence des libellés, l'usage réel au clavier, la compréhension des messages d'erreur, ni la compatibilité effective avec les technologies d'assistance, comme le rappelle la méthode officielle du RGAA. C'est pour cette raison qu'un audit sérieux combine trois niveaux : les tests automatisés pour le volume, l'expertise humaine pour les critères qui demandent un jugement (navigation clavier, sémantique, formulaires), et les tests utilisateurs pour les parcours à fort enjeu.

La version 5 du RGAA, en cours de rédaction pour une publication fin 2026, intégrera les apports de WCAG 2.2, dont la visibilité du focus et la taille des cibles tactiles. Ces ajouts renforceront le plancher réglementaire, mais ne dispenseront jamais du test avec de vrais usagers sur les parcours qui comptent le plus.

Un service conforme RGAA n'est pas automatiquement un service accessible. C'est un excellent point de départ, jamais un point d'arrivée.

C'est cette distinction entre plancher et plafond que je pose dès le cadrage d'un audit RGAA.


Pour aller plus loin : accessibilité et IA générative : un mariage encore mal négocié

Morgan Dutemple

À propos de l'auteur

Morgan Dutemple

Delivery Manager à Rennes. Je pilote des projets de transformation digitale, SEO/GEO et accessibilité RGAA pour des clients grands comptes. Ce blog est le reflet de ce que je rencontre sur le terrain.