Morgan Dutemple
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RGAA

Comment tester l'accessibilité de son site sans expert RGAA en interne

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Photo par edith naaman sur Unsplash
Morgan Dutemple
·Delivery Manager & Expert Transformation Digitale

Faire un premier diagnostic d'accessibilité sans expert RGAA en interne est possible, à condition de savoir précisément où s'arrête ce qu'une équipe peut vérifier seule et où commence ce qui nécessite un audit structuré.

Ce qu'une équipe peut vérifier sans formation RGAA

Certains défauts d'accessibilité sont détectables avec des outils gratuits et une méthode simple, sans connaissance approfondie du référentiel.

Le contraste des couleurs

Le critère RGAA 3.2 impose un ratio de 4,5:1 pour le texte normal et 3:1 pour le texte large. Un outil comme mon vérificateur de contraste RGAA calcule ce ratio en quelques secondes à partir de deux couleurs, sans installation ni compte à créer.

La navigation au clavier

Débrancher la souris et naviguer uniquement au clavier (Tab, Shift+Tab, Entrée, Échap) sur les parcours principaux du site révèle rapidement les pièges les plus fréquents : focus invisible, boutons inaccessibles sans souris, pièges de focus dans une modale qui ne se referme jamais au clavier. Mon vérificateur de focus visible automatise une partie de cette détection.

La hiérarchie des titres

Une page dont la structure de titres saute des niveaux (un H1 suivi directement d'un H3, sans H2) perturbe la navigation des utilisateurs de lecteur d'écran qui se déplacent de titre en titre pour comprendre la structure de la page. Mon analyseur de hiérarchie des titres visualise cette structure directement depuis une URL.

Ce qu'une équipe sans formation ne peut pas fiablement vérifier seule

Certains critères demandent un jugement qu'un test automatisé ou une checklist ne peuvent pas remplacer.

L'usage réel d'un lecteur d'écran (NVDA, VoiceOver, JAWS) demande une pratique pour interpréter correctement ce qu'on entend : un défaut peut sembler mineur à une oreille non entraînée et être réellement bloquant pour un usager quotidien de ces technologies.

La pertinence sémantique (un texte alternatif techniquement présent mais qui ne décrit pas l'information réellement utile de l'image) demande un jugement contextuel que seule une pratique répétée développe.

La cohérence de l'expérience sur des parcours complexes (un formulaire multi-étapes, un tunnel de paiement) dépasse ce qu'un test ponctuel critère par critère peut couvrir.

La méthode que je recommande pour démarrer

Étape 1 : passer les outils gratuits sur les 3 à 5 pages les plus visitées. Pas l'ensemble du site. Les pages à fort trafic (accueil, pages produit principales, formulaire de contact) donnent un premier signal représentatif sans mobiliser des semaines de vérification.

Étape 2 : faire le test clavier sur les mêmes pages. Vingt minutes par page suffisent pour repérer les blocages les plus évidents.

Étape 3 : documenter ce qui a été trouvé, même partiellement. Une liste de défauts identifiés, même incomplète, est plus utile qu'aucune donnée. Elle permet de prioriser les corrections les plus visibles en attendant un audit complet.

Étape 4 : faire appel à un audit structuré pour ce que ces outils ne couvrent pas. Les résultats du diagnostic interne servent alors de point de départ à l'audit, pas de substitut.

Pourquoi ce diagnostic interne ne remplace pas un audit RGAA complet

Le référentiel RGAA comporte 106 critères répartis en 13 thématiques. Les vérifications accessibles en interne couvrent une fraction de ce périmètre, principalement les critères techniques les plus mécaniques. La majorité des critères liés à la structure sémantique, à la pertinence contextuelle et aux parcours utilisateurs complexes demande une expertise formée aux usages réels des technologies d'assistance.

C'est précisément la limite que j'explore dans mon article sur les erreurs RGAA qui reviennent sur 9 audits sur 10 : ce sont souvent des défauts qu'un test automatisé ne détecte pas, parce qu'ils demandent une navigation réelle pour être révélés.

Un diagnostic interne bien mené n'est donc pas une alternative à un audit RGAA structuré. C'est une première étape utile, qui permet de prioriser et d'arriver à l'audit avec une partie du travail déjà fait.

Questions fréquentes

Les outils automatisés détectent-ils tous les problèmes d'accessibilité ?

Non. Les outils automatisés détectent en général 30 à 40 % des critères RGAA, principalement les défauts techniques mécaniques (contraste, structure HTML, attributs manquants). Les critères qui demandent un jugement contextuel ou un usage réel des technologies d'assistance échappent aux tests automatisés.

Combien de temps prend un diagnostic interne basique ?

Compter environ une demi-journée pour 3 à 5 pages, en combinant les outils automatisés et le test clavier manuel. C'est un ordre de grandeur, pas une garantie de couverture complète.

Morgan Dutemple

À propos de l'auteur

Morgan Dutemple

Delivery Manager à Rennes. Je pilote des projets de transformation digitale, SEO/GEO et accessibilité RGAA pour des clients grands comptes. Ce blog est le reflet de ce que je rencontre sur le terrain.