Morgan Dutemple
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Delivery

Pourquoi la majorité des comités de pilotage ne servent à rien

long table with Eiffel chair inside room
Photo par Pawel Chu sur Unsplash
Morgan Dutemple
·Delivery Manager & Expert Transformation Digitale

On m'a souvent demandé combien de réunions de pilotage je tiens par semaine. La vraie question n'est pas la fréquence, c'est la fonction : un comité qui ne change jamais une décision n'est pas un outil de pilotage, c'est un théâtre.

Le symptôme : on rapporte, on ne décide pas

Sur beaucoup de projets, le comité de pilotage est devenu un rituel de reporting déguisé. On y présente un statut, personne n'arbitre, et la vraie décision se prend ailleurs : dans un couloir, un Slack privé, ou pas du tout.

Trois signes qu'un comité ne pilote plus rien

  • L'ordre du jour est identique depuis trois mois
  • Aucune décision actée n'a de date de réexamen
  • Les risques présentés sont toujours les mêmes, jamais résolus ni escaladés

Ce qui change quand on le recadre

Un comité de pilotage utile a une seule fonction : trancher ce qui ne peut pas l'être à un niveau inférieur. Tout le reste (statut, avancement, indicateurs) doit être disponible avant la réunion, pas présenté pendant.

Ce que je fais concrètement

  1. Je sépare le reporting (asynchrone, avant la réunion) de l'arbitrage (le seul sujet de la réunion)
  2. Je n'inscris à l'ordre du jour que des décisions, jamais des points d'information
  3. Je documente chaque arbitrage avec une date de réexamen, sinon il ne compte pas

Le test qui révèle un comité de théâtre

Un test simple : demandez à chaque participant, à la sortie d'un comité de pilotage, quelle décision vient d'être prise. Si les réponses divergent, ou si personne ne sait citer une décision précise, le comité n'a rien piloté, quel qu'ait été le temps passé en salle. Ce test coûte trente secondes et révèle en général plus que n'importe quel audit de gouvernance.

La raison pour laquelle tant de comités dérivent vers le reporting pur tient à une confusion de fond entre informer et décider : informer ne demande aucun risque, décider en demande toujours un peu, et un comité sans culture claire de la décision glisse naturellement vers l'option la plus confortable pour tout le monde. Recadrer un comité de pilotage, ce n'est donc pas d'abord une question de format, c'est une question de courage collectif à assumer le risque de trancher publiquement.

Le résultat n'est pas moins de réunions, c'est des réunions qui produisent quelque chose.

C'est cette discipline d'arbitrage que j'applique dans mon activité de Delivery Manager : séparer le suivi de la décision, systématiquement.


Pour aller plus loin : multi-projets : coordonner 15 chantiers en parallèle

Morgan Dutemple

À propos de l'auteur

Morgan Dutemple

Delivery Manager à Rennes. Je pilote des projets de transformation digitale, SEO/GEO et accessibilité RGAA pour des clients grands comptes. Ce blog est le reflet de ce que je rencontre sur le terrain.