Pourquoi la majorité des comités de pilotage ne servent à rien
On m'a souvent demandé combien de réunions de pilotage je tiens par semaine. La vraie question n'est pas la fréquence, c'est la fonction : un comité qui ne change jamais une décision n'est pas un outil de pilotage, c'est un théâtre.
Le symptôme : on rapporte, on ne décide pas
Sur beaucoup de projets, le comité de pilotage est devenu un rituel de reporting déguisé. On y présente un statut, personne n'arbitre, et la vraie décision se prend ailleurs : dans un couloir, un Slack privé, ou pas du tout.
Trois signes qu'un comité ne pilote plus rien
- L'ordre du jour est identique depuis trois mois
- Aucune décision actée n'a de date de réexamen
- Les risques présentés sont toujours les mêmes, jamais résolus ni escaladés
Ce qui change quand on le recadre
Un comité de pilotage utile a une seule fonction : trancher ce qui ne peut pas l'être à un niveau inférieur. Tout le reste (statut, avancement, indicateurs) doit être disponible avant la réunion, pas présenté pendant.
Ce que je fais concrètement
- Je sépare le reporting (asynchrone, avant la réunion) de l'arbitrage (le seul sujet de la réunion)
- Je n'inscris à l'ordre du jour que des décisions, jamais des points d'information
- Je documente chaque arbitrage avec une date de réexamen, sinon il ne compte pas
Le résultat n'est pas moins de réunions, c'est des réunions qui produisent quelque chose.