Dual-use : quand l'innovation civile devient un actif de souveraineté
Une part croissante de l'innovation militaire récente ne vient plus exclusivement de la BITD historique, mais de technologies développées pour des usages strictement civils, ensuite adaptées.
Des exemples qui dépassent la doctrine traditionnelle
Capteurs grand public, composants de drones de loisir, modèles d'IA d'usage commercial : ces briques technologiques, jamais pensées pour un usage militaire, se retrouvent réutilisées dans des contextes opérationnels, souvent plus vite que les filières d'acquisition classiques.
Ce que ça change pour les politiques industrielles
- La frontière entre acteur civil et acteur stratégique devient plus floue
- Les cycles d'innovation civile, plus rapides que les cycles d'acquisition militaire classiques, deviennent un avantage compétitif en soi
- Le contrôle des exportations et la protection de la propriété intellectuelle deviennent des enjeux de souveraineté, même pour des entreprises qui ne se considèrent pas comme stratégiques
Une vigilance à avoir, côté entreprises civiles
Une PME qui développe une technologie civile à fort potentiel dual-use a intérêt à anticiper cette porosité, ne serait-ce que pour comprendre la valeur réelle, et les risques, de ce qu'elle a construit.
La souveraineté technologique ne se joue plus seulement dans les laboratoires militaires. Elle se joue aussi, de plus en plus, dans des startups qui ne se savent pas stratégiques.